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Dorothea : chambre 8x10 très grand angle
Dorothea est un appareil photo très grand angle, qui prend des photos sur des feuilles de film de 8x10 pouces. Elle est munie d'un objectif Schneider-Kreuznach de 121mm, ce qui est un très grand angle sur le format 8x10, l'équivalent d'un 15mm sur un appareil 35mm plein capteur. Une perspective avec laquelle j'aime beaucoup travailler.
Le grand avantage de Dorothea, car elle en a un de taille, est sans nul doute la quantité de détails qui peut être capturé en un même instant. Dorothea prend des photos sur des feuilles de film de format 8x10. Ce qui donne 80 pouces carrés remplis de détails. Je peux théoriquement imprimer une photo de 16 pieds par 20 pieds sans perdre le moindre détail !
Avec la poignée latérale ainsi que le viseur 15mm sur le dessus, je peux utiliser Dorothea à main levée. Oui, un appareil 8x10 sans trépied! Par journée ensoleillée avec un film ISO 400, je peux exposer à 1/125s à f22. Les résultats sont surprenants.
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Construction
La construction de Dorothea fut assez simple. Environ 40 heures de temps libre fut nécessaire pour concevoir, usiner, assembler et ajuster le tout.
La première pièce que j'ai dû acheter fut un dos en bois qui pouvait accepter des porte-films 8x10 standard. J'ai facilement trouvé un vieux dos Deardorff pour environ 50$ sur eBay. J'ai tout simplement utilisé un grand crayon feutre noir pour rendre le dos noir.
Pour la lentille, j'ai arrêté mon choix sur une magnifique Schneider-Kreuznach 121mm f8, que j'ai eu à bon prix sur eBay, environ 400$.
Avec le dos et la lentille en main, il ne restait plus qu'à fabriquer ce qui allait être entre les deux : la chambre. La conception est fort simple. Puisque le type de photo prisé avec cet appareil est la photo de paysage, l'utilisation de l'hyperfocale pour faire le foyer est recommendé et donc, une simple monture hélicoïdale est plus que suffisante. Avec une course d'environ 5mm seulement, on fait le foyer entre 1 mètre et l'infini. La chambre est donc une simple structure en aluminium joignant le dos et la monture hélicoïdale.
L'étape la plus importante fut le tolérancement de position et de perpendicularité entre le dos et l'axe central de la lentille. Puisque la lentille couvre à peine le film 8x10, il a été d'une grande importance que l'axe central de la lentille soit au centre du film, et que cet axe soit le plus perpendiculaire possible avec le plan film, sans quoi, on s'expose à des flous dûs aux faibles profondeurs de foyer ou à des désaxements non-voulus. Avec la lentille montée sur une structure d'ajustement temporaire, j'ai fait le focus à l'infini, puis j'ai mesuré la distance entre la monture hélicoïdale et le verre dépoli.
L'étanchéité lumineuse est assuré par du ruban gommé d'aluminium, et les réflexions internes sont grandement réduites par un ruban gommé spécial appelé "gaffer", un genre de "duct tape" au fini mat utilisé abondament dans le domaine cinématographique.
Quelques aditions furent ajoutés au fil du temps :
- Une vis de blocage sur la monture hélicoïdale permet d'immobiliser la lentille lorsque le focus est fait.
- Un viseur Voigtlander 15mm permet de composer rapidement, sans avoir à regarder dans le verre dépoli. Aussi, ce viseur permet la prise de photo à main levée.
- Deux plaques de trépied Manfrotto RC-4 sont fixées en permanance sur l'appareil, afin de pouvoir prendre facilement des photos aussi bien en orientation paysage qu'en orientation portrait.
- Un niveau à bulle fut ajouté sur le dos, afin d'avoir des horizons parfaitement droits.
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Utilisation
Il est clair que Dorothea a ses avantage, et ses inconvénients.
Dorothea fonctionne comme n'importe quel appareil grand format. Volumineux et laborieux, la patience est de mise. Bien que le viseur permette un cadrage rapide, le trépied et le verre dépoli permettent les ajustements de précision. Le spotmètre et le Zone System d'Ansel Adams est un must pour maximiser la quantité d'information à capturer sur le film. C'est un peu comme faire de l'imagerie HDR avec de l'argentique.
Avec cet appareil, les gens posent des questions, et le côté social de la photo entre en jeu. J'ai toujours eu à coeur la vulgarisation et la promotion de la potographie. Montrer aux gens ce qu'on peut arriver à faire quand on est passionné peut être une source d'inspiration et inciter les gens à faire de la photo.
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L'envergure d'un tel projet
Dorothea utilise du film 8x10. Alors j'ai acheté à prix d'or, une panoplie de films noir&blanc, couleur négatifs et positifs.
Avec le prix que le laboratoire charge pour développer du 8x10 (10$ la feuille), j'ai rapidement compris l'importance de développer son film soi-même, y compris les procédés couleur C-41 et E-6. Le développement couleur 8x10 en grand volume se fait dans des cuves et nécessite l'obscurité totale. Ceci a néssecité la fabrication d'une chambre noire. Comme la chimie couleur peut être toxique, j'ai ajouté un bon système de ventilation et un masque à gaz. Tout se passe dans le noir, alors pour savoir avec exactitude où je me situe dans le temps, je me suis enregistré à compter les secondes et je ré-écoute l'enregistrement lors du développement.
Le flux de travail (workflow) que j'utilise me permet de retoucher les photos avant de les imprimer. Une chance, car plus le format du film est grand et plus il y a de poussières!
Numériser du grand format en haute résolution est synonyme de système informatique hors-norme. Des disques durs géants, des processeurs puissants, de la mémoire en quantité démesurée, et un système de sauvegarde sophistiqué sont de mise.
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Résultats
Voici quelques photos que j'ai faites avec Dorothea.
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